Elodie, 10 ans, est née trisomique ... pas de bol pour elle, pour ses parents, sa famille ... me dirait vous, mais on fait quoi de ces enfants là ? On les enferme, histoire de pouvoir vivre tranquille ?!Bah ... pas toujours ! Elodie a des parents qui ont décidé de se battre, parce qu'Elodie, est ... je dirai, simplette et non pas méga attardée. Elle ne bave pas dans un fauteuil, ne se balance pas, les yeux dans le vide, non, ce n'est pas vraiment ça la trisomie, enfin, en général.Elodie passe en CM1 à la rentrée de septembre. Elle a juste un an de retard: elle est nulle en maths (moi aussi je l'étais !), est en dessin, mais est très forte en orthographe, en poésie, en grammaire et en conjugaison. Et, elle est génial au théatre !
Elle va à l'école toujours de bonne humeur, adore ses maîtresses, jouer avec les autres, même si cela n'est pas toujours facile, elle va a des anniversaires, elle collectionne les objets Diddle comme ses camarades de classe, et ... supporte son assistante de vie scolaire : MOI ! Qui l'a fait bosser dur ! On forme une équipe, et je ne cesse de lui répéter.pour elle, tout est difficile, son intégration de chaque instant, sa concentration qui flanche toutes les secondes, la compréhension de tout ce qui fait la vie, les gens, l'humour, la colère des autres ...l'impatience aussi. Mais, elle aime, quoiqu'il arrive, elle vous aime, d'un coeur tellement énorme, que moi, je me sens bien petite parfois.Dans sa tête de petite fille, elle comprend tout de même que ses parents se battent pour elle, mais je ne pense pas qu'elle comprenne tous les détails de ce combat.Depuis qu'elle est entrée à l'école, ils se battent pour qu'elle reste.Ils réussissent, mais l'éducation nationale leurs met énormément de batons dans les roues, à travers des réunions sadiques ou presque, au milieu de psy qui leurs disent que tout ce qu'ils font n'est pas bien pour Elodie, qu'elle n'a pas sa place en classe.
On leurs a dit qu'Elodie devait aller en CLISS et non pas en CE2, certain on même montré une certaine envie de se débarrasser d'elle. A croire que ça fait tache un triso chez les normaux ! Ils n'ont plus eu droit à une auxiliaire de vie scolaire. Du coup, ils reçoivent de l'argent afin de bénéficier d'une aide pour leur fille handicapée, et cet argent permet à ses parents de bénéficier de mon aide: je ne travaille pas pour l'éducation nationale, mais pour eux. Ils n'ont pas fait de commentaire quand Elodie est passée en CM1 ...
Mon travail avec "Elo" est assez simple: je l'aide à rester concentrer, à comprendre les consignes des exercices qu'elle fait, je lui pose des questions afin de l'aider à tenir un fil conducteur lors d'expressions écrites, très difficile pour elle, n'ayant que très peu d'imagination. Je l'aide aussi à se faire accepter des autres, surtout lorsqu'ils me posent des questions: mais ils la connaissent depuis des années, et l'ont acceptée, mais toujours avec leur côté "cruel" qu'ont à tous eu, quand nous étions des enfants. Donc, il y a des conflits de temps en temps, et, là, je suis là pour remettre les points sur les "i". Je ne supporte pas de voir Elodie pleurer parce qu'on lui a fait du mal. Mais elle pardonne très vite, ce qui déroute ses adversaires qui deviennent adorables avec elle.
Mon objectif: ammener Elodie jusqu'en 6 ème. Toujours avec moi sur le chemin.
Et pour tous les paents qui ont des enfants trisomiques, j'ai juste un mot à dire: instinct ... suivez le ! Les parents connaissent parfaitement leurs enfants, écoutez les spécialistes, mais laissez faire votre instinct à vous.Je reconnais qu'il y a des enfants qui ne pourront jamais faire ce que fait Elodie, mais tentez le tout pour le tout: stimulez vos enfants et battez vous jusqu'à l'extreme pour ce que vous croyez être le meilleur pour votre enfant.On espère qu'Elodie suivra un cursus normal ou presque, qu'elle obtiendra un CAP et qu'elle pourra travailler. Ainsi, elle deviendra une personne qui ne coutera rien à la société.
Elle n'a pas sa place en IME , ou elle risquerait d'être traumatisée à vie, et ni en CLISS, ces classes spéciales, créées afin de prendre en charge des enfants différents, et afin de les intégrer: je ne sui pas très convaincue par ce programme, qui n'a pas vraiment de suite, que faire après une CLISS ? Ce n'est pas toujours facile. De plus, certains enfants ont besoin d'un environnement très stable, quasi linéaire, et en, CLISS, les enfants passent de classe en classe, se mêlant à d'autres, même si à la base, ils ont un prof commun dans une classe commune.
Tout le système de l'éducation nationlae pousse les parents d'Elodie à la placer dans ce genre de classe, où, elle n'aura plus besoin d'auxiliaire de vie scolaire, étant dans un système soit disant "adapté" à son handicap. Il ne l'est pas, j'en suis certaine.
Pourquoi ne pas envoyer dans ces cas là, une de ses camarades, qui avait un QI assez faible ? Cette élève est laissée tranquille parce qu'elle ne présente pas de handicap, alors qu'elle aussi est très lente à la compréhension. J'ai l'impression de me retrouver face à de la discrimination: l'était a créer des classes spéciales et s'en félicite, un peu trop, je pense. C'est un système trop global, peu ou mal suivi pour ce qui concerne l'après, qui ne convient pas à tous les élèves qui s'y trouvent. Et, surtout, j'ai l'impression qu'elles ont été crées afin que les parents d'enfants handicapés, leurs foutent la paix à ces administratifs ! "On leurs a crées des classes pour eux, pourquoi ne nous lachent ils pas ? On ne veut pa être envahi par des enfants handicapés dans nos classes et surtout, on ne veut plus payer d'auxiliaire de vie scolaire, ils n'ont qu'à mettre leurs enfants dans les CLISS."
Il faudra que l'on m'explique pourquoi des tonnes de personnes sont inscrites en tant que demandeur d'emploi, auprès de l'éducation nationale, afin d'être auxiliaire de vie scolaire ne trouvent pas d'emploi ... sachant que des tonnes de parents attendent une aide, c'est à dire un auxilaire, mais que rien ne vient de l'éducation nationale ??????!!!!!!Pourquoi de plus en plus d'auxiliaire de vie perdent leur emploi ? Pourquoi dit on aux parents, qu'il n'y a que très peu d'auxiliare de vie scolaire ? Je me suis inscrite il y a plusieurs années en tant qu'auxiliaire, et ... nada !Voilà un monde caché ... celui du handicap mental au sein de l'éducation nationale ... tous en CLISS ou rien ...!
Moi, je dis, bien pour les CLISS, mais il faut plus, plus d'ouverture, et plus d'aides possibles pour les parents et les enfants, plus de liberté dans les choix également: les administratifs auraient ils peur que plus de parents d'enfants handicapés refusent les CLISS et fassent comme les parents d'Elodie ? J'en ai bien l'impression ...
Nous sommes fin prêts à les affronter tous, à la fin du CM2 d'Elodie.[/c]